DANS LA MAISON - SALLE 3

À quelques-uns nous commencions à trouver plus d’émotion dans une tête romane, dans les corps torturés de la façade des cathédrales de Moissac et d’Autun. De la non-connaissance de la sculpture dont les théoriciens disaient qu’elle avait suscité les sculptures romanes, se dégageait pour nous une émanation humaine extrêmement forte. Il nous paraissait évident qu’il s’agissait en l’occurrence, non pas d’état primitif, non pas de non-savoir, mais d’émotion traduite en l’un de ces langages sobres qui écartent dédaigneusement les habitudes académiques et pompières. […]

L’objet que créé la sculpture, pensais-je déjà, doit engendrer l’émotion chez celui qui le regarde. Une statue ne doit pas être un assemblage froid de formes froides. […] Fi de l’objet modelé ou taillé qui n’aurait avec le spectateur aucun échange. Fi de l’objet sculpté qui n’éveillerait aucun écho, […] qui n’amènerait pas le spectateur à découvrir en lui-même l’‘ autre côté ‘ des présences. 

Cette première salle d’une enfilade de quatre installées au rez-de chaussée de ce qui fut la maison de Zadkine et de Valentine Prax, réunit notamment pour la première fois au musée, un ensemble d’œuvres témoignant de la place accordée dans le travail de Zadkine au thème de la figure animalière.

Le Singe [1918] taillé dans la pierre, mais surtout Panthère [1922], Chien chinois [1922] et Chien couché [1922] nés du modelage de la terre, témoignent de ce que Zadkine est alors à la recherche de nouvelles solutions formelles, et expérimente de nouvelles techniques. L’émotion, la sensibilité, la traduction de l’élan vital sont au cœur de son travail. Des photographies de Singe et Panthère installés par Zadkine lui-même dans son jardin, complètent ce bestiaire à la présentation inédite.