L'ATELIER DU JARDIN

Ceux qui ont écrit vers 1920 que je m’étais « trouvé » me font sourire aujourd’hui. Je dois avouer que je ne me suis jamais trouvé et que c’est vraisemblablement l’état de quête qui a développé précisément en moi une passion qui ne m’a jamais abandonné et qu’on doit pouvoir trouver dans chacun de mes bois ou pierres taillées. Commença [après la période « cubiste »] la course à la recherche de moi-même qui, bien sûr, ne m’a semblé évidente que bien plus tard, quand je me suis rendu compte aussi qu’il n’y avait en moi aucun magicien qui puisse, en un tournemain, produire du Non-Vu ou du Non-Attendu. Aujourd’hui, je suis même convaincu que ce magicien ne peut jamais exister, car l’objet créé ne peut jamais être entièrement inventé, il ne peut que toujours traîner avec lui une part inconnue inexplicable et cachée du besoin de faire. […]

On peut broder infiniment sur ce sujet mais il est plus sage de ne pas laisser trop dire aux mots. Le champ de la sculpture est grand et merveilleux car il requiert le meilleur de l’homme qu’est chaque sculpteur. Il est normal que beaucoup faillissent en cours de tâche car il n’est pas donné à tous de pouvoir chanter suffisamment haut, clair et longtemps pour réveiller ses semblables… Mais il est déjà très beau de pouvoir tomber dans la mort avec le ciseau et le maillet entre les mains.

 

Cet atelier n’existait pas quand Zadkine s’installa en 1928 dans ce qu’il appelait sa « folie
d’Assas». Sa construction date du milieu des années cinquante, en lieu et place d’appentis et d’un colombier.

 

Les œuvres présentées dans cet atelier, rendent compte du travail d’élaboration des formes, de leur émergence et du processus d’élaboration de la matière par l’artiste.

La monumentale figure de Prométhée en bois d’orme, posée à même le sol domine ; le moulage en plâtre de la tête du demi-dieu lui fait écho.

Un assemblage en forme d’autoportrait – dépôt du Musée national d’Art moderne– intitulé Le sculpteur, symbolise les différentes techniques – sculpture, dessin, gravure – auxquelles Zadkine eut recours dans son travail. Un bloc de granit portant la trace d’une ébauche, parle de formes en devenir.

 

 

Durant les années 1930-1940, inspiré par son voyage en Grèce, Zadkine puise aux sources de la mythologie et de l’Antiquité grecque. Tant la palette que les motifs de son œuvre graphique se diversifient, ce dont témoignent deux feuilles nouvellement présentées, Trois figures féminines, 1938, et La Belle endormie ou Antiquité. Son œuvre sculpté se teinte également de néo-classicisme, Buste de femme, Femme debout, ou la grande Femme à l’oiseau nouvellement introduites et réunies dans l’atelier.

 

La présentation d’une huile sur toile de Valentine Prax, Femme assise lisant [1930] rend hommage à celle qui partagea la vie du sculpteur pendant près de cinquante ans et œuvra à la création du musée.

 

 

 

 

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