DANS LE JARDIN

Le jardin du musée Zadkine. Musée Zadkine Paris, photo copyright Terra Luna / B. Fougeirol

La Naissance de Vénus, Mélancolie, Orphée, La Poétesse, nombre des bronzes présentés dans cet espace à ciel ouvert s’inscrivent dans une veine néo-classique. Ce style s’affirme chez Zadkine au tout début des années trente, époque de son voyage en Grèce qu’il effectue en 1931 et s’impose définitivement durant son exil aux États-Unis en 1941-1945. Ce goût se traduit par une attirance pour les sujets mythologiques, le recours à des éléments formels empruntés à l’Antiquité classique, le tout se mêlant à des réminiscences cubistes, reconnaissables à un jeu très particulier de volumes concaves et convexes.

Le Projet de Monument à Guillaume Apollinaire, est particulièrement représentatif de ce style. Cette composition est l’une des quatre que Zadkine conçut à la fin des années trente – dédiées aux poètes qu’il admirait – et qui furent exposées à Paris en 1939.

Orphée et le Torse de la Ville détruite, deux bronzes, occupent, au pied des grands sycomores, l’emplacement qu’avait voulu Zadkine pour eux. Le Monument de la Ville détruite, érigé dans le port de Rotterdam en 1953, symbole de la destruction de cette ville par les bombardements allemands en 1941, est une œuvre de dénonciation, entre béance et imploration, qui, au moment de sa création, fut comparée à Guernica. Au même titre que la Forêt humaine, elle est une œuvre typique de la production de Zadkine à la fin des années quarante, dont le style devenu heurté, se prolonge jusque dans les années soixante comme l’illustrent, entre autres, le Projet pour le Monument aux Frères Van Gogh et la Girouette, présentée à l’entrée du musée. 

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